“La Vie est riche et généreuse… partout… à condition que nous apprenions à ouvrir nos coeurs tout entier à sa richesse et à sa générosité”
(Anne de Green Gables – Lucy Montgomery )
À tous, la Vie donne tout
La puissance de notre corps humain, qui nous fait respirer sans même en avoir conscience, les blessures que sans notre aide il panse, nous fait vivre, courir, et marcher. Cette nature qui nous donne de la nourriture, aussi diverse et variée, à travers toute sa diversité. Les fleurs et les couleurs, qui rendent ce monde encore meilleur. La présence d’êtres humains qui nous aiment et qu’on aime, sans qui vivre ne serait pas pareil. Tout autant de signes qui nous rappellent que cette Vie est généreuse, et qu’elle nous donne tant.
Cependant, cette description ne reflète pas tout à fait la réalité que nous vivons chaque jour ; entre la guerre, la maladie, la pauvreté, nous pouvons nous demander si cette Vie est-elle vraiment généreuse pour tout le monde ? Que penser de ces épreuves de la vie, où certains paraissent plus opprimés que d’autres ? La Vie est-elle injuste ? Certaines personnes sont-elles condamnées au malheur ? En temps de guerre, de crises ou de pauvreté, pouvons-nous encore être heureux ?
L’injustice des Hommes
C’est l’Homme qui crée l’inégalité ; l’extrême richesse et l’extrême pauvreté. S’il le veut, l’Homme pourrait arrêter la guerre et se battre contre la misère. Mais la gloire, l’argent et l’ego mettent à mal ces idéaux. Ce n’est pas à la Vie que l’on doit en vouloir, mais aux hommes qui aiment trop le pouvoir. Certains vivent avec des milliards quand d’autres n’ont même plus à boire. Certains travaillent soir et matin pour un bout de pain, quand d’autres ne font rien car ont déjà tout dans leurs mains.
Pourtant, il reste bien sûr de l’espoir, comme le montre cette histoire. On raconte qu’un homme désespéré vint voir un jour un sage en lui posant cette question :
- « O Cheikh ! Comment puis-je être heureux dans ce monde où il y a tant de misère, de tristesse et de malheur…
- Si la Vie est misérable, c’est parce que les hommes le sont. La meilleure manière de ne pas contribuer à ce phénomène est d’être heureux soi-même”
La Vie est un miracle
« Le destin de notre époque est caractérisé par le désenchantement du monde »
Max Weber
Avec nos machines, nos codes informatiques et notre logique, on ne se laisse plus surprendre par la vie , l’Homme essaye en vain de la contrôler avec toute sa technologie.
Heureusement, de l’être humain la vie ne dépend pas entièrement. Il y a quelque chose de plus grand, et de plus mystérieux, qui régit notre vie. La vie est aussi faite de surprises, de choses qui nous échappent. Chacun souffre et rit, pleure, sourit, tombe et se relève, rêve et désespère… Des coïncidences ou des hasards qui nous donnent l’espoir de vivre, de croire que cette vie peut toujours être remplie de merveille et parfois de magie.
« N’attendez pas les miracles, car la Vie est un miracle”
Albert Einstein
Continuer à s’émerveiller des miracles du quotidien, des choses que l’on a normalisées mais qui en réalité sont uniques et extraordinaires. De notre simple existence à la diversité de nos sens, la beauté des paysages, de la montagne à la plage, des fleurs et toutes leurs couleurs… Tout ça de gratitude devrait remplir nos cœurs.
« Le sage est celui qui s’étonne de tout »
André Gide
La célèbre Mme Bovary de Gustave Flaubert, ou le mythe de la Petite Sirène en sont la parfaite illustration. A la recherche de ce qu’elles n’ont pas, diminuant ce qu’elles ont déjà et persuadées que le bonheur est ailleurs – chez un homme pour Mme Bovary, et sur terre pour la Petite Sirène – elles désespèrent :
« Ce qui tue Emma Bovary, c’est l’idée du bonheur, c’est l’idée que le bonheur existe quelque part comme état de plénitude. Car alors ce qu’elle vit est toujours forcément décevant. Voilà ce en quoi consiste le bovarysme : l’incapacité à se satisfaire d’un réel qui paraît toujours déficient au regard d’un imaginaire merveilleux que l’on s’est construit »
(Ils vécurent philosophes et firent beaucoup d’heureux – Marianne Chaillan)
Les épreuves de la vie
Maladie, guerre, pauvreté, solitude…. Des épreuves, il y en a une multitude. Chacun a sa conviction, mais les épreuves ne sont pas forcément une punition. Elles peuvent être des moments révélateurs, qui nous font comprendre que ce sont dans les petites choses que vit le bonheur. De changements elles peuvent être le vecteur, pour finalement atteindre un plus grand bonheur.
La maladie de ma sœur m’a sensibilisée à la différence et qu’il faut à chacun donner sa chance. Que le plus important n’est pas ce que l’on voit mais ce que l’œil ne perçoit pas. Que prendre soin du cœur des gens, ça vaut bien plus que des milliers d’argent. Que se réveiller le matin sans être à l’hôpital, c’est déjà pas mal. Que la Vie est courte et qu’il faut se dépêcher de rêver, avant que l’heure finale ne soit arrivée.
Alors, de cette épreuve on peut renaître encore plus forts, car on a battu la tristesse et la mort, et dire à ceux qui désespèrent qu’ils ont tort. Qu’il n’est jamais trop tard et qu’il y aura toujours de l’espoir. Que dans chaque épreuve on gagne bien plus qu’on ne perd, qu’au bout du tunnel il y a la lumière. Que personne n’a une Vie parfaite, mais qu’on peut quand même essayer d’en faire une fête.
De ne pas oublier qu’il y aura toujours un sens à cet Univers. Et que c’est en regardant le ciel et pas la terre, qu’on arrive à voir la lumière.
« Il n’y a personne qui soit né sous une mauvaise étoile, il n’y a que des gens qui ne savent pas lire le ciel »
Dalai-lama
Des histoires pleines d’espoir
Pour le concrétiser, voici le récit de quelques champions, qui malgré des difficultés, se sont relevés pour encore plus briller.
- “Je ne regrette pas cet accident, il a changé ma vie en positif !«

Dimitri Pavadé est un athlète handisport. Suite à un accident en 2007, il perd sa jambe droite et subit une amputation. C’est alors le début de sa carrière handisport, où il connaîtra de nombreux succès (médaillé aux Jeux paralympiques de Tokyo…). Plus que se remobiliser et se remettre à vivre, il affirme que sa vie est plus épanouissante aujourd’hui, suite à cet incident. Au point d’affirmer lors d’une interview que même s’il le pouvait, il ne souhaiterait pas retrouver sa jambe.
Pour en savoir plus : https://www.lequipe.fr/Athletisme/Actualites/Dimitri-pavade-face-aux-lecteurs-de-l-equipe-pour-rien-au-monde-je-voudrais-remonter-le-temps/1407032
Source image : Comité Paralympique et sportive français
- « Pourquoi Dieu a-t-il dû choisir pour vous une maladie si horrible ?”

C’est la question qu’un enfant a posé à Arthur Ashe, un ancien champion de tennis américain – vainqueur à plusieurs reprises du grand chlem – après avoir contracté une maladie grave et mortelle. Il mourra de cette maladie à l’âge de 49 ans.
Voici un extrait de sa réponse :
(source : https://www.liguedesoptimistes.fr/2020/05/31/arthur-ashe-nous-donne-une-belle-lecon-de-vie/)
“(...) Si la richesse était le secret du bonheur, les riches devraient danser dans les rues. Mais seuls les enfants pauvres le font. Si le pouvoir apportait la sécurité, les personnes importantes marcheraient sans garde du corps. Mais seuls les humbles se promènent tranquillement. Si la beauté et la renommée attiraient des relations idéales, les célébrités feraient les meilleurs mariages. Mais ce n’est pas toujours le cas. Que le bonheur vous garde doux ! Que les épreuves vous gardent fort ! Que les douleurs vous gardent humain ! Que l’échec vous garde humble ! Que le succès vous fasse rayonner ! Ayez confiance en vous. Vivez humblement. Marchez humblement et aimez de tout votre cœur ! »
- « Le sniper voulait tuer quelqu’un, mais ce trou a permis à un rayon de soleil de percer (…) Toute chose a deux faces. Il y a de la beauté en toute chose’’. »

Ces paroles sont celles d’Abdallah al-Khatib, réalisateur de documentaire. Lors d’un tournage, une balle de sniper avait percé la fenêtre de sa maison. Malgré tout, sa réponse face à cet événement transforme notre regard sur la vie.
Il y a de la beauté en toute chose, et c’est le pouvoir de la poésie qui permet ce changement d’état d’esprit.
« De même qu’il faut de la souffrance pour connaître le bonheur, il faut de la prose pour connaître la poésie »
Edgar Morin
- (…) La vie est si belle et les obstacles ne sont là que pour nous réorienter et nous guider vers le chemin qu’on n’arrive pas à trouver (…) Je suis émue de réaliser à quel point j’aime l’être humain et j’aime la vie ! Elle est si bien faite. C’est un cri d’amour que je lance (…) Merci à la vie de nous offrir tant de cadeaux et pardonne-moi de n’ouvrir les yeux que maintenant”

Marine Barnérias, étudiante en école de commerces, apprend à 21 ans qu’elle souffre de la maladie de Charcot – maladie grave dégénérative. Ce bouleversement la pousse ainsi à voyager pour en découvrir plus sur elle même et le chamboulement qu’a provoqué l’arrivée de la maladie dans sa vie. A la fin de son voyage, elle finit par être reconnaissante d’avoir eu cette maladie, car lui a permis de redécouvrir le monde. Récit à découvrir dans son livre « Seper Héro ».
Tous ces exemples sont plein d’espoir, et mettent bien en évidence que même face à une maladie mortelle, on peut toujours trouver la force de sourire, qu’aucune douleur ne sera à jamais éternelle. Que même dans la guerre, certains trouvent encore la force d’y voir un peu de lumière. Que même avec une jambe en moins, de sa vie ce n’est pas encore la fin.
« (…) Voir la vie à travers un médium qui la transfigure ou simplement révèle, et grâce auquel tout semble paré d’une lueur céleste, et acquiert une splendeur et une fraîcheur invisibles à ceux qui ne voyaient les choses qu’à travers la prose »
(Anne de l’Ile, Lucy Maud Montgomery)
Ce bonheur, ils l’ont trouvé dans leur âme, et au plus profond d’eux. Être heureux ne dépend pas de sa condition sociale, ni de sa richesse, ou de son lieu de vie. C’est un combat qui en vaut le prix ; celui de trouver le sens de sa vie.
«Il n’y a point de bonheur sans courage, ni de vertu sans combat.»
Jean-Jacques Rousseau
Encore quelques mots…
Parce qu’on n’aura jamais fini de parler assez de belles choses, voilà quelques paroles pleines de lumière et d’espoir, très émouvantes.
- Philippe Croizon : Amputé des bras et des jambes suite à une électrocution, il partage un message d’optimisme et d’amour de la vie inspirant :
Aujourd’hui, je veux parler d’amour. Pas le genre cliché, avec des roses et des poèmes. Non, je parle de l’amour de la vie. Le genre d’amour qui te donne envie de sauter du lit chaque matin, qui te fait sourire sans raison, qui te fait vibrer et te rend heureux.
J’observe autour de moi… Et je vois des gens heureux. Des personnes qui vivent avec passion, qui se battent pour leurs rêves, qui aiment profondément leur vie.
Et vous savez quoi ? Moi aussi, je suis heureux. Très heureux.
Oui, je le dis haut et fort : mon bonheur lors de mes conférences est de voir les autres heureux, de voir des visages s’illuminer, des sourires s’élargir, des yeux briller, de savoir que, d’une manière ou d’une autre, j’ai contribué à leur bonheur lors de ce moment de partage.
C’est ça ma définition de l’amour de la vie : donner et recevoir. Parce qu’on reçoit tellement plus quand on donne.
Et c’est pour ça que je veux vous dire : Aimez la vie, car elle vous aime en retour. Le positif attire le positif !
Ne laissez pas les difficultés vous abattre, ne laissez pas les échecs vous décourager.
Croyez-moi sur parole une épreuve difficile ne se prolonge pas sans fin. Au malheur succède une paix relative, voire un véritable bonheur.
C’est votre vie, et vous êtes le seul à pouvoir décider de la façon dont vous allez la vivre. Alors, vivez-la avec amour, avec passion, avec joie.
Posez-vous les bonnes questions, quels sont vos envies, vos rêves ou vos objectifs de vie.
Parce que la vie est trop courte pour ne pas être vécue à fond, osez le dépassement pour atteindre votre bonheur.
Et n’oubliez jamais : le bonheur est contagieux. Alors, soyez le vecteur de ce bonheur. Soyez celui qui apporte le sourire sur le visage des autres. Soyez celui qui fait briller les yeux des autres. Soyez celui qui propage l’amour de la vie.
- Nicolas Mestre : Kayakiste français, victime d’une maladie mortelle à l’âge de 26 ans. Avant de mourir, il a écrit une lettre où il se confie sur son chemin de vie. Celle-ci a été lu le jour de son décès.
« Je ne suis plus.
Cette phrase est courte, percutante. Elle est sans doute dure à lire pour ceux qui m’ont aimé et dont l’empathie et la peine les emplissent à la lecture de ces mots, mais la mort fait partie de la vie, et c’est précisément en son caractère éphémère que réside sa beauté.
Comme certains d’entre vous le savent je me suis battu avec acharnement ces dernières années contre la maladie, mais de toute bataille il doit sortir un vainqueur. De toute bataille il doit sortir un vaincu. Et désormais je ne suis plus.
Ne vous y méprenez pas à la lecture de ces mots.
Le vainqueur ici, c’est moi.
Car s’il est aisé de se laisser aller à penser que la vie est une bataille dont nous sortirons tous perdants car nous la perdrons tous, cette vie, Gagnant est celui qui aura profité de celle-ci dans ses plus simples instants. Et je l’ai fait.
Un paysage, un vent chaud d’été, un coucher de soleil. Un baiser de celui ou celle qu’on aime. La convivialité d’un repas de famille. La chaleur d’une étreinte entre une mère et son fils. L’amour fraternel entre un frère jumeau, sa sœur et soi-même. La fierté d’un père. Le regard bienveillant d’un grand parent. Les fous rires entre amis. J’ai connu tous ces plaisirs. Dès lors comment pourrais-je me considérer malheureux ?
Malheureux que ma vie ait été si courte, je le suis certainement. Il y a des bonheurs que je ne connaîtrai jamais, et que j’aurais tant aimé caresser. Devenir père, voir mon enfant grandir, le voir jouer avec les futurs enfants de mon frère jumeau Sylvain et ceux de ma sœur Julie. Marier la femme que j’aime et nous passer la bague au doigt. Raconter une histoire à son enfant et le voir s’endormir au son de sa voix. Ce sont des bonheurs que j’aurais tant aimé vivre et dont la simple pensée me met le sourire aux lèvres en écrivant ces lignes.
Mais ne soyez pas triste pour moi.
Avez-vous déjà réalisé au moment de quitter le lieu de vos dernières vacances à quel point le paysage y est magnifique ? Vous avez passé ces 2 dernières semaines à l’avoir sous les yeux sans pour autant vous en être émerveillé le moindre du monde mais soudain ça y est, vous le voyez. C’est pile au moment de le voir pour une dernière fois que sa beauté vous frappe et vous enivre de tout votre être. Et vous vous demandez comment vous avez pu passer tout ce temps à avoir ce paysage sous les yeux sans jamais vous en être émerveillé pour autant. Mais soudain vous savez. Vous savez à quel point vous être chanceux de l’avoir sous les yeux. Vous l’appréciez enfin à sa juste valeur.
C’est la même chose pour la vie.
C’est souvent le moment où l’on réalise l’instabilité des choses, leur caractère mortel, unique dans le temps et irrémédiable que l’on réalise leur incroyable beauté et à quel point elles étaient précieuses.
À la manière de cet homme qui, avant de s’en aller de son lieu de vacances jette un dernier coup d’œil au paysage qu’il va devoir quitter des yeux, et qui réalise en même temps à quel point sa beauté est enivrante avant de rentrer chez lui, moi, j’ai eu la chance de jeter ce regard émerveillé à la vie chaque jour depuis 6 années.
J’ai réalisé très tôt dans la vie à travers les épreuves qu’elle a mises sur mon chemin son caractère si précieux, et je me suis attaché dès lors à profiter de chaque instant comme s’il était le dernier.
Alors je ne vais pas vous le cacher, ces 6 dernières années ont aussi été remplies de souffrances, telles que je n’aurais jamais cru en connaître un jour. Mais voilà. Aussi remplie de souffrances fut elle j’ai eu une vie. Et j’en ai eu une belle. Elle a été remplie d’amour. De mes proches. De ma famille. De mes amis. Des personnes que j’ai eu la chance d’aimer, et de celles qui m’ont fait l’honneur de m’aimer, c’eût été l’espace d’un instant ou pour une vie.”




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